C’est la crise. Économique, écologique, sociale et sanitaire. Mondiale. Plus j’y pense, moins je comprends ce qu’on est censés faire en ce bas-monde. Où que l’on aille, quoi que l’on fasse, un crise nous étouffe. L’être humain du 21e siècle sera-t-il scientifiquement nommé homo-crisis?

En tous cas, je m’interroge beaucoup ces derniers temps, surtout sur la nécessité de s’interroger autant.

Sous les mystères qui opèrent je me perds
Sous les bannières réfractaires je manque d’air
Je suis né sous une étoile qui ne me guide plus
Je laisse ma vie aux mains d’une grande inconnue

Sous les neiges fondues, les froids bipolaires
Sous les sourires tordus qui soulèvent tant d’haltères
Abonnement soir et week end, pour briller la nuit venue
Sur les dancefloor de la ken’, j’oublie ma déconvenue

Je suis un homme moderne
Une machinerie d’atomes en bordel
Y a-t-il seulement un sens au fond de l’existence?
Je suis un homme en berne
Oh je ne suis qu’un homme moderne

Dans les feux des forêts, les gaz d’échappées
Belles irrespirables qu’on nous vend comme fable
Des avenirs radieux, des lendemains reposés
Je n’y crois plus mon vieux, mais j’aime me laisser bercer

Dans nos maisons bien propres, nos vêtements bien chauds
On voit le monde en loque de nos vies consommées
Par nos envies de broques, de morceaux d’animaux
Nos désirs de chairs fraîches, et d’un bon verre de lait.

Je suis un homme moderne
Une machinerie d’atomes en bordel
Y a-t-il seulement un sens au fond de l’existence?
Je suis un homme en berne
Oh je ne suis qu’un homme moderne

Je suis une âme malhabile
En chantier constant fragile
Faut-il vraiment un sens à tout ce qui nous domine?
Je ne suis qu’un millième d’une vie microbienne
Oh je ne suis qu’un homme moderne

Je suis un homme moderne
Une machinerie d’atomes en bordel

Photo by @xcar_cst
Biblioteca Vasconcelos, CDMX, 2020

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