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Rien d’particulier

Il y a quelques années, je me suis rendu compte que c’est en arrêtant de vouloir faire absolument des choses originales que je devenais productif. Mais forcément, comme toute leçon de vie digne de ce nom, elle prend des années à être appliquée.

Original ou authentique?

Je me souviens avoir écrit le texte de ce morceau justement après avoir passé plusieurs jours à chercher des plans de guitare classes, dont l’objectif aurait été de montrer que je savais jouer, plus que de faire de la musique. Recherche frustrante, saupoudré de perfectionnisme et d’insatisfaction éternelle. Le problème avec ce genre de mentalité c’est que tu ne penses plus selon ce que tu veux vraiment faire, mais selon le regard que les autres vont porter sur ton travail. Au fond, on n’est original qu’aux yeux des autres, et la recherche d’originalité dans son travail force à se détacher de soi-même, à ne plus chercher au fond de soi-même mais à l’extérieur. La problématique devient : “Qu’est-ce qui pourrait me rendre original par rapport à ce qui existe déjà?”, au lieu de “qu’est-ce que je cherche vraiment à exprimer, et comment le faire pour être au plus proche de ce que je ressens?”.

Au final, il n’y a vraiment aucun mal à n’être rien de particulier aux yeux des autres, tant qu’on est pour nous-mêmes ce qu’on veut vraiment être. Je me suis rendu compte il y a peu que les musiciens que j’admirais le plus étaient ceux qui exprimait au mieux leur sincérité. J’imagine que dans un domaine artistique, c’est tout ce que l’on peut faire pour être bien reçu. Savoir se mettre à nu en exprimant sa sincérité, plutôt que de se replier derrière le bouclier de nos aptitudes techniques. Ou plus justement, savoir mettre ces aptitudes au service de l’expression. Un moyen pour arriver à ses fins.

L’enfer, c’est les autres

Et tant qu’on a les neurones bien ouverts, finissons en lisant un extrait de “L’existentialisme est un humanisme” de Sartre, comme ça on aura l’air de vrais philosophes.

J’ai voulu dire « l’enfer c’est les autres ». Mais « l’enfer c’est les autres » a été toujours mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c’était toujours des rapports infernaux. Or, c’est tout autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut être que l’enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d’autrui entre dedans. Quoi que je sente de moi, le jugement d’autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d’autrui et alors, en effet, je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu’ils dépendent trop du jugement d’autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu’on ne puisse avoir d’autres rapports avec les autres, ça marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous.

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