Quand t'es en pause (gif animé)

Quand on t’apprend que tu fais une pause

Ca va bien ou bien? Posé? Toi-même tu sais? De mon côté, comme tu le vois, je ne change pas. Toujours long à la détente, toujours dans l’introspection en profondeur. C’est marrant d’ailleurs, il y a quelques semaines, un peu avant noël, des proches me disaient : « alors, tu fais une pause avec la musique ». Ce n’était même pas une question, ni une supposition. Non, c’était une affirmation pure et dure, aussi claire que Les Etats-Unis sont « great again ». Sans même que je n’aie eu à déclarer d’aucune manière : « je fais une pause avec la musique », j’étais mis sur le banc de touche. Pas cool coach, je le sentais bien ce match!

Mais que s’est-il passé pour en arriver là? Ma foi, rien de bien compliqué. Je n’ai juste rien publié sur les réseaux sociaux depuis quelques mois. Du coup, forcément, si je ne publiais pas, c’est que je me touchais grassement la nouille en m’actualisant sur Pôle Emploi… Bon, j’exagère. Je ne m’actualisais pas tant que ça sur Pôle Emploi (une fois par mois quoi…).

Un peu d’analyse

Blague à part, il m’était juste donné l’occasion de voir le revers de la médaille des réseaux sociaux. Ce monde merveilleux où tout un chacun peut se faire philosophe, rhétoricien, politique, artiste, chef gourmet, top model, sportif de haut niveau, me dévoilait son côté obscur. Moi j’avais choisi musicien, en me disant que ça m’aiderait à le devenir IRL (In Real Life, pour les non-geeks)(Dans la vraie vie, pour les non-anglophones). Et le fait est que tant que je publiais régulièrement, la sauce prenait. On m’arrêtait même dans la rue et tout. Si je te jure. Bon, principalement les représentants d’ONG humanitaires pour me demander de lâcher du mou à mes allocs en remplissant leurs caisses mensuellement… Mais aussi! Des amis, que je connaissais depuis quelques temps, et qui de but en blanc me demandaient : « alors , ta musique, ça donne quoi? ». Ceux-là même qui m’avaient demandé, quelques mois plus tôt, ce que je comptais faire de ma life à 30 ans et après avoir lâchement mais fièrement abandonné toute forme de diplôme sérieux. À qui j’avais répondu, fiévreux mais bredouillant : « ben je fais de la musique en fait ». Et qui en étaient restés là, sur des mots qui ne voulaient pas dire grand-chose après tout.

Marche ou fade away

Marche ou fade away

Et c’est bien normal. Rien, dans ma façon de vivre ou d’être, ne laissait supposer un instant que j’avais quelconque rapport avec la musique. Pas même un petit tatouage rock’n roll, un pull métalleux, un piercing, une guitare sur le dos, des photos de guitare sur Facebook, de moi avec une guitare, des partages de paroles d’une chanson sans autre raison que de montrer que j’aime cette chanson, de montrer que je la connais, de montrer que j’ai trop de la culture musicale parce que j’aime trop des trucs et ceux qui connaissent vraiment ils vont liker et on se sentira un peu meilleurs que les autres qui n’auront pas compris pourquoi je publie brutalement trois rimes en anglais qui ne collent à aucune situation logique dans ma vie.

Que faire?

Il y avais donc clairement un problème d’image. Là, je le prends avec humour, mais mine de rien, c’est super important de refléter ce qu’on veut être dans le regard des autres. Ainsi, pour y remédier, j’avais pris deux décisions importantes :

  • composer et partager mon travail, même s’il n’est pas fini. Histoire de me motiver à bosser et à m’améliorer.
  • me laisser pousser les cheveux.

Le deuxième, j’ai géré, easy. Le premier, ça m’a pris du temps, du travail, des heures de doutes et de joies. Quand début septembre, j’ai fait le bilan des deux mois passés, il était plutôt positif. Mes cheveux étaient super longs. J’avais presque tenu un rythme d’une vidéo par jour pendant 1 mois sur Instagram, et j’avais ajouté 4 maquettes de morceaux sur SoundCloud. Le tout relayé sur ce présent blog et sur Facebook et Twitter. Et Tumblr. Je sais. Personne ne va sur Tumblr. Mais si un jour tu y vas, saches que j’y suis également.

En tous cas, voilà, j’avais à peu près une image de musicien, plus précisément guitariste-auteur-compositeur-interprète. Ce que je voulais. Donc j’étais heureux. MAIS…Kaizen no Kanji

Kaizen! ou l’art de l’amélioration continue

Parce que oui, c’est bien sympatoche de se mettre des défis, mais à un moment, le réservoir est vide, et faut faire le plein. Et puis faut aussi réviser le véhicule, voir les pièces à changer, les parties à améliorer pour gagner en puissance et en vitesse. Bien oui, on ne va pas se mentir, ce n’est pas parce que je publiais fréquemment que ce que je faisais était bon. C’était suffisamment bon pour apparaître un jour dans ton fil d’actu avant de se faire gober par les vidéos et articles putaclics. Mais « bon », genre label, maison d’édition, concerts, EPs, albums, gloire et renommée internationale? Je me dois de répondre : lolol.

Entendons-nous bien, je ne dis pas que je fais de la merde. Je ne manque pas non plus de confiance en moi. En tous cas, ça, je le travaille. Mais la route est encore longue et l’aventure semée de péripéties. Je ne pouvais pas, décemment, me reposer sur mes lauriers en me disant : « voilà, c’est cool, je n’ai qu’à publier une vidéo de 30 secondes tous les jours et attendre qu’un producteur frappe à ma porte ». Ma prochaine étape, c’était de jouer live, de faire des vidéos plus longues et plus intéressantes que « 30 secondes ma gueule et ma guitare ». Alors j’ai commencé à travailler dans ce sens. Et c’était un peu comme recommencer à zéro, mais avec un meilleur bagage. Ce qui est normal dans un projet, ça ne me dérangeait pas, au contraire. J’ai donc commencé à bosser régulièrement les choses à améliorer, #mavoix, #mescompétencestechniquessurunlogicielMAO.

Je me suis ainsi éloigné de Facebook, en le remerciant pour ces dernières semaines mais en insistant sur le fait que là, j’avais besoin de faire une pause dans notre relation pour faire le point. Et ça, il n’a pas aimé Facebook. Parce qu’il a besoin qu’on le nourrisse quotidiennement, de tout et de rien, de la pire junk food comme des plats les plus gourmets. Après tout, c’est une invention américaine (haha, « great again and fat forever ») (Pardon USA, c’était juste une petite blagounette). Alors il s’est vengé. Si je ne publie rien, c’est que je ne fais rien. Et toc! Dans tes dents le zicos raté qui tient pas la longueur et qui arrête de publier après seulement quelques semaines! Bouh le nul!

Make Jone on the Road great again

Tout ça pour dire, et ce sera ma conclusion, qu’internet, c’est génial. Sans ironie. Internet permet à des p’tits gars comme moi de développer leur projet, leur rêve, en leur offrant une vitrine mondiale. Théoriquement mondiale, on s’entend, je sais bien que ce n’est pas avec 50 vues par vidéos que tu deviens une star planétaire. Ce que j’ai développé jusqu’à présent, je ne l’aurai jamais fait sans ce blog, sans Instagram, sans Facebook. Et sans Tumblr.

Quelle heure est-il?

En retard! En retard! Je suis en retard en retard!

Mais bordel, cette vitesse à laquelle ça circule en ligne, qu’est-ce que ça me fatigue. Faut-il vraiment considérer que si quelqu’un ne publie rien, sa vie est en pause? Faut-il vraiment croire que parce qu’on poste une photo de profil avec un instrument, on est trop des musiciens accomplis? Tu t’assoupis quelques secondes à peine et quand tu te réveilles on est déjà à la saison 10 épisode 22. Ou pour reprendre l’analogie footballistique, tu t’arrêtes 30 secondes pour faire ton lacet sur le terrain, le coach pense que tu fatigues et il te fout sur le banc. Oui, je sais, tu faisais ton lacet parce que courir avec les lacets défaits, c’est chiant, mais bon, voilà, sur le terrain tu cours ou tu dégages, pas de place pour les petits joueurs.

Quoi qu’il en soit, en ce qui me concerne, il m’est physiquement impossible de me coller au rythme des réseaux sociaux actuels. Ou peut-être que je n’en ai juste pas envie, histoire de faire mon rebeu. Ou plutôt, parfois j’ai envie, parfois non. Mais l’important, c’est qu’on fasse ce qu’on veut, au rythme que l’on veut, parce que nous seuls savons ce qui est bon pour nous. Sérieux, si on prend le temps de s’écouter, on sait quand une période de glande ultime est faste ou néfaste. Et personne d’autre que nous-même ne peut le savoir, parce que personne n’est nous.

Bref! Tout ça pour dire, « no hard feelings », je n’ai aucune forme de haine contre les gens qui ont décidé sans me prévenir que je faisais une pause dans la musique. Au contraire, grâce à eux, j’ai pu remettre les réseaux sociaux à leur place, à savoir des moyens de communication, avec leurs avantages et leurs inconvénients. En tous cas que personne ne s’inquiète, because I swear, I will make Jone on the Road great again! Enfin, « great » tout court d’abord.

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