Fingerpick’Instagram #03 : Tommy Emmanuel

On continue avec les flashbacks estivaux, en revenant sur une journée qui a marqué un nouveau départ: l’appréhension d’un style de jeu à la guitare, le fingerpicking avec Tommy Emmanuel, et la promesse de produire plus et de publier plus souvent.

Encore un matin

Les rayons matinaux du soleil de juin peinaient à entrer dans mon appartement trop sombre. Fenêtres trop petites et donnant sur une cour étriquée, logement situé au premier étage d’un ancien immeuble dans le centre de Strasbourg. De quoi frustrer les amateurs de réveil à la lumière naturelle. Je devrais peut-être m’acheter une de ces lampes qui simulent la lumière naturelle. Mais c’est que c’est pas donné, ces gadgets. On est vraiment capable d’inventer des machins toujours plus barrés, non? Un réveil qui imite le lever du soleil. Cela dit, une lumière venant d’une lampe-réveil qui simule la lumière naturelle, peut-elle toujours se définir comme naturelle?

Cette interrogation marque ma sortie de l’univers onirique, et de fait mon entrée fracassante dans le monde réel. Bienvenue Neo. Au fait, il est 11h30, sale feignasse. Bah. Je traîne des pieds jusqu’à ma cuisine, et accompagne ma préparation mécanique de café de recherches sur Google : « lampe réveil lumière soleil ». Réponse de Google Shopping. Sites de vente ornés de pubs et de fenêtres pop-ups pour des offres spéciales et limitées, valables seulement 10 minutes. L’agression dès le matin. J’éteins mon téléphone et le jette délicatement sur mon sofa, puis lance la radio. Ça parle des dernières émissions de télé, des audiences, puis coupure pub. Mais surtout, ça parle trop, trop fort, trop vite. Agression n°2, une nouvelle fois, j’utilise ma botte ultime : j’éteins la radio.

Seul au monde

Enfin seul. Ma femme est partie pour trois mois, je ne vis plus en colocation, téléphone et radio coupés. Voilà des années que je ne m’étais pas retrouvé seul, en tête-à-tête avec moi-même. Mais à l’époque, cette solitude me pesait. Ma propre compagnie ne m’était en rien agréable. Je n’aimais pas mes études, ni mon job, ni ma copine, je me coupais un maximum du monde extérieur. Et je me parlais à moi-même comme au pire raté que la terre ait jamais porté. Amorphe, vide d’énergie et de passion, à court de conviction et de volonté.

Mais aujourd’hui, je suis heureux. Depuis des années, je m’emploie à redresser la barre, à traquer ce qui ne va pas dans ma tête et pourquoi je cherche toujours à me mettre plus bas que terre; pourquoi je ne m’autorise pas à vivre comme je l’entends et à être heureux. Et à cet instant précis, malgré un réveil totalement à côté de la plaque, je me sens parfaitement en phase, au bon endroit, au bon moment. Je repense à ma chronique cathartique sur la culpabilité, et à comment, en m’interdisant toute forme d’auto-maltraitance, j’arrive à apaiser ce sentiment depuis lors. Comme je l’ai fait ce matin d’ailleurs. D’accord, se lever à 11h30, on a déjà vu plus sérieux. Mais maintenant que c’est fait, pas la peine de se le ressasser pendant trois semaines, et mieux vaut utiliser l’énergie accumulée par ce long sommeil pour des activités plus productives!

Jone : rebegins again

En parlant d’activités productives, en voici une nouvelle : la veille, alors que je cherchais de nouvelles méthodes pour renouveler et améliorer mon jeu à la guitare acoustique, j’étais tombé sur une vidéo tutoriel de Tommy Emmanuel. J’aime beaucoup Tommy Emmanuel. Il dégage une énergie 100% positive, et une bonté contaminante, du genre qui te donne envie de sourire et de prendre plaisir à jouer. Il fait partie de ces gens qui, quand ils te disent : « ce n’est pas grave, ne t’en fais pas », tu leur fais confiance sans même savoir pourquoi et tu te sens apaisé. C’est peut-être l’avantage de vivre dans un pays aussi ensoleillé que l’Australie.

Cette vidéo vise à apporter des bases au guitariste fingerpicking en herbe. Fingerpicking définit un ensemble de technique permettant de jouer de la guitare avec ses doigts, par opposition au picking, où tu joues avec un médiator. C’est un style de jeu qui demande beaucoup de travail, l’objectif étant de rendre chaque doigt indépendant. Chacun peut se retrouver avec un rôle et un rythme différent. De quoi se casser la tête bien comme il faut, mais le rendu final en vaut la peine, pour le guitariste comme pour son audience.

Et moi, en ce jour, à 12h30, j’ai envie de me lancer de ce nouvel apprentissage. Interdiction formelle de m’auto-maltraiter donc, et place à la patience et à la discipline. Demain, promis, je me lève à 7h.


Pour bien commencer 

Les méthodes sont nombreuses, et les vidéos sur internet légions pour appréhender la guitare fingerstyle. Pour ma part, à force de tomber régulièrement sur des transcriptions bancales, je préfère éviter les livres de tablatures génériques, et je me tourne volontiers vers les références en la matière, comme celui-ci, Fingerstyle Guitar Method Tab Book/Cd, de Tommy Emmanuel.

Idem pour toute ressource en ligne, je privilégie la source authentique avant les vidéos ou transcriptions de tiers. Une façon de faire le tri dans cette jungle d’information en étant sûr de bénéficier d’une source fiable.

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