Oui, souvent les gamins sont relous. Ils posent pleins de questions, ils avancent confiants dans la vie, rien ne peut leur arriver à ces petits cons idéalistes et naturellement heureux! Heureusement, nous, adultes, sommes là pour les remettre à leur place.

Philo de comptoir

Pour ce faire, on utilise notre arme ultime : le pétage de rêve en mille morceaux. L’avantage c’est qu’on peut s’entraîner entre adultes. Un(e) pote vient avec un projet un peu osé, on saisit l’occasion d’affûter le tranchant de nos lames. « Mais de quoi tu vas vivre? », « Mais comment tu veux faire le buzz? », « Toutes façons aujourd’hui tout a été fait, ça ne sert à rien de se casser la tête ». Et on le remercie, sans lui notre aigreur se verrait émoussée par l’ambition et la joie de vivre.

Quand l’autre se fait reflet de nos doutes les plus profonds, il faut savoir remettre en question la bonne personne. Et bien sûr, ce n’est pas cet autre, ce serait trop facile. Pourquoi un discours négatif me touche-t-il autant? Ne fait-il pas écho à des pensées sombres que j’ai moi-même et que je tente désespérément de taire derrière des vannes à tout-va, ou un mur de silence? Ne serait-il pas plus simple, à ce moment, d’accepter les doutes qui accompagnent toute entreprise plutôt que de les fuir comme le choléra? J’ai entendu il y a peu, dans une vidéo  YouTube sur l’estime de soi (un sujet qui me passionne), qu’il était beaucoup plus simple d’accepter sa dualité. Comprends par là, sa part d’ombre comme sa part de lumière. Ou encore plus précisément, toute réussite contient sa part de défaite, et vice-versa. Donc être heureux comporte nécessairement sa part de tristesse, et vice-versa. Ah tiens, comme dans ce film de Pixar là, dont le titre m’échappe! #troll #trolol

Avec une bonne mousse, ça passerait mieux

Mais tu vois, nous c’est cool, on est des adultes. On peut analyser les problèmes, en faire des chansons, des blogs, et comprendre que quelqu’un qui nous parle de façon négative se parle en fait à lui-même de cette manière. Le jeu des miroirs dans son plus simple état, je ne vois dans l’autre que le reflet de moi-même. L’ennui, c’est que quand t’es môme, forcément, ce n’est pas la même limonade. Quand quelqu’un de plus âgé et que tu respectes t’expliques à quel point la vie c’est pas le top, et que dans tous les cas tes rêves, avec le temps, vont disparaître de ta petite cervelle ignare, tu prends le message pur, sans déchiffrage ni analyse, et tu t’en imprègnes peu à peu.

C’est une des raisons pour lesquelles je ne crois pas au talent inné, mais au talent « éducatif », ou « culturel ». Quelqu’un aura moins de barrière dans des domaines artistiques s’il a grandi dans un environnement valorisant les arts. Quelqu’un aura moins de difficulté à entreprendre s’il a été entouré d’entrepreneurs. C’est une question de passation de croyance. Plus simplement encore, si tu crois qu’être artiste est une situation instable, dangereuse et qui mène nécessairement à la pauvreté et à la mort, serais-tu heureux de voir tes gamins se lancer dans cette voie? Tu peux me feinter et répondre que oui, qu’il faut les encourager quel que soit leur choix, et blablabla quel beau modèle. Mais dans le fond, inconsciemment, tu feras toujours passer ce message : artiste=pauvre=famine=clodo=mort.

Pour exemple, je garde clair comme de l’eau de Wattwiller (#alsaceindependant) dans mes souvenirs cette phrase du directeur du département d’italien de l’université de Strasbourg, à propos d’une de ses connaissances, comédienne de son état : « elle est artiste mais pas célèbre, donc elle est pauvre ». C’était dit légèrement, comme une petite blagounette pour faire sourire l’assemblée de cerveaux académiques nous encerclant. Mais moi, ça m’a tellement perturbé que j’ai décroché du reste du discours. On ne va pas s’éterniser des heures à analyser cette sentence, ce que signifie être « artiste », « célèbre », ou encore « pauvre »; mais tu vois, au travers des petites phrases du quotidien, des habitudes, des routines, nos croyances se manifestent sans arrêt, et notre entourage est réceptif à ces messages. Et les mômes sont des putains d’éponges.

L’addition s’il-vous-please

Tout ça pour dire qu’élever des gamins, ce n’est clairement pas une assignation qui m’attire pour le moment. Je préfère commencer par m’élever moi-même, au sens spirituel parce que c’est bô, avant d’envisager penser à la probabilité d’une possibilité de participation à la mise au monde d’un nouveau Bob l’éponge. Le pauvre, s’il (ou elle) débaroule maintenant, il risque d’être servi avec moi comme Father. Mais tu sais, cette même vidéo dont je parle plus haut avance aussi qu’en tant qu’êtres supérieurs, avant de venir sur terre, on choisit nos parents pour ce qu’ils ont à nous apprendre. Crois-y, crois-y que dalle, ça reste une bonne façon de retourner la situation, de changer d’angle de vue (il suffit de peu parfois) et de prendre le contrôle de sa vie.

Bon, bref, trêve de blabla, écoute le son, mets-y un pôce bleu, un like, un coeur, un comm’, un sourire, un rien du tout, un tout ce que tu veux, et à très vite!

Love.

Ce n'est plus toi

Ce n’est plus toi

P.S. : le second titre était clairement un appel à bière. Ca avait bien marché, il y a quelques temps… <= points de suspension lourds de sens

Double P.S. caché (comme Manuel Valls (je ne sais pas pourquoi j’ai essayé de faire une blague politique (désolé))) : la vidéo en question, kaou ça t’intéresse. Je te préviens, c’est long, et c’est juste un mec qui parle, mais si t’accroches tu ne sentiras pas l’heure passer!

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